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blog de Cyrille Amiel

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Billets d'humeur, articles et chroniques consacrés à la littérature et à la musique

Paul Desmond

Paul Desmond, de son vrai nom Paul Breitenfeld, est né a San Francisco en Californie le 25 novembre 1924.

Il débute la musique par la clarinette. Son père, organiste et pianiste de film muet est son premier professeur. Paul poursuivra l’apprentissage de la musique à l’école polytechnique et au collège d’Etat de San Francisco.

En 1950, il opte pour le sax alto, néanmoins l’influence de son instrument d’origine marquera définitivement sa manière de jouer. En effet, le son inimitable de ses prestations au saxophone fait référence aux caractéristiques sonores de la clarinette. De plus, il n’aura de cesse de se réclamer de l’influence de Benny Goodman, le célèbre clarinettiste adoré de son père.

«Je suis, disait-il, le saxophoniste désincarné du quartet de Dave Brubeck.»

Alain Gerber, dans son livre « Paul Desmond et le côté féminin du monde », décrit un homme nonchalant dont les seules préoccupations semblent être la compagnie des femmes et de l’alcool. Il se présentait comme un littéraire, un écrivain en devenir, évoquant un roman qu’il n’écrira jamais.

« Je voulais devenir écrivain, je crois que c’est ma seule porte de sortie, en dehors du métier de musicien. »

Il cultivait essentiellement les bons mots et les phrases assassines, ce qui, vraisemblablement, lui permettait de survivre dans un milieu qui n’épargnait personne. Son malaise le rendait distant et il s’était construit, afin de se préserver, un personnage de dandy, toujours tiré à quatre épingles, le distinguant de ses camarades de jeu, plus décontractés, au moins dans leur tenue.

"Il aimait brûler les cigarettes par les deux bouts."

"Il aimait le scotch Dewars avec une ardeur juvénile, et puis rentrer chez soi de travers, au petit matin, se réveiller au milieu de l'après-midi et chercher à tâtons ses lunettes à monture d'écaille, et contempler sa gueule de bois dans le miroir de la salle de bains, avec le sentiment du devoir accompli."

"Il aimait à l'extrême tuer le temps avec douceur."

"Mourir sans impatience."

"Discuter à perte de vue. Parler littérature, poèmes, ballets, cinéma, comédie. mais, par-dessus tout, il aimait les femmes. Elles étaient sa fumée sans feu. Et sa musique racontait ce prodige, cette dissipation chatoyante, cette infécondité splendide."

 

En 1959, il enregistre au sein du Dave Brubeck quartet, l'album "Time out" et particulièrement le morceau "Take five", qui le rendra célèbre dans le monde entier. Une quinzaine de disques suivent celui-là ainsi que de nombreux concerts et tournées à travers le monde (retrouvez ma chronique sur le Dave Brubeck quartet à la fin de cet article).

Le destin musical de Paul Desmond est indiscutablement lié au quartet de Dave Brubeck et spécialement à "Bru" tel que le saxophoniste aimait l'appeler. Si la dissolution du groupe en 1967 ne marque pas la fin de la carrière de Paul Desmond, il n'en demeure pas moins qu'elle met un coup d'arrêt au succès. Malgré quelques tentatives pour relancer son activité, il ne retrouvera jamais la notoriété qui avait été la sienne.

Dès les années 1970/72 les premiers symptômes de la maladie qui l'emportera prématurément apparaissent. Sonnant comme son chant du cygne, il entame une tournée mondiale de 1972 jusqu'en 1975.

Il meurt des suites d'un cancer pulmonaire le 30/05/1977 à New York. 

Paul Desmond a souvent été raillé par les autres saxophonistes pour son hypothétique manque de dextérité. Paradoxalement c'est cette originalité qui semble avoir été l'origine de son succès auprès des amateurs de Jazz. Sa sonorité évanescente à la frontière du jazz et d'un style plus classique ainsi qu'un phrasé incomparable ont contribué à sa notoriété. Il a marqué de son empreinte le style West Coast.

Cyrille Amiel

 

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