Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
blog de Cyrille Amiel

blog de Cyrille Amiel

Billets d'humeur, articles et chroniques consacrés à la littérature et à la musique

Piotr Ilitch Tchaikovsky, La symphonie "pathétique"

 

Une mort énigmatique

 

Quatrième partie

Évoquer les circonstances qui entourèrent la  composition de la symphonie « pathétique », m’amène à aborder la fin de la vie du compositeur.

Tout au long de son existence, Tchaïkovski a été la proie de profondes dépressions. Le compositeur alterne entre des périodes de découragement, pendant lesquelles il croit être au terme de sa vie et exprime son angoisse de la feuille blanche et des périodes de grande euphorie, extrêmement riches en projets et en composition.

Nous le retrouvons entre deux phases, au moment où il entreprend la composition de cette symphonie. Fin février 1893, il déclare :

« Vous ne pouvez pas imaginer ma joie maintenant que je suis convaincu de ne pas être fini et encore capable de travailler ».

Il était fasciné depuis longtemps par son neveu, Bob Davidov et il semblerait que cet attachement se soit amplifié au fil du temps. Ce qui n’arrangeait pas son humeur car le jeune homme ne répondait pas à ses avances, comme en témoigne ses lettres dans lesquelles il le supplie de lui répondre. Son désir ardent frustré alimentait un profond sentiment d’abandon. Cela ne l’empêcha pas de lui dédier sa sixième symphonie.

Ses mouvements d’humeur s’accompagnent d’une frénésie de voyages. Tchaïkovski commence à composer fin février 1893 tout en  dirigeant des concerts à Moscou et à Karthov.

Fin mars, il avait fini l’esquisse de « la Pathétique » mais il s’attaque à la composition d’une musique plus alimentaire avant d’entamer l’orchestration de sa symphonie.

En Mai, il passe quelque temps à Moscou et assiste à la création du premier opéra de Rachmaninov. Il part pour l’Angleterre fin mai afin d’être nommé docteur honoris causa à l’université de Cambridge. Il fait une escale à Londres afin de diriger sa quatrième symphonie. 

Il retrouve la ville de Klin fin juillet afin de terminer l’orchestration de sa symphonie qu’il termine en un peu plus de trois semaines.

En septembre, il repart, cette fois-ci pour Hambourg pour produire un opéra, « Yolanta », rend quelques visites à des membres de sa famille, retourne à Klin puis achève le troisième concerto pour piano.

En octobre, il se rend à Saint-Pétersbourg pour les répétitions de la sixième symphonie. Le concert fut reçu favorablement par le public. Piotr était descendu chez son frère Modeste. Le lendemain du concert, il cherchait encore un nom pour sa symphonie. Son frère lui aurait proposé « Tragique » ; Tchaïkovski aurait préféré « Pathétique ». Il envoya la partition à l’éditeur avec ce titre puis changea d’avis le lendemain. Deux jours plus tard, il tombait gravement malade et trouvait la mort le 6 novembre 1893.

Aujourd’hui encore, les circonstances de sa mort sont sujettes à caution. En effet, officiellement, il serait mort du choléra, contaminé par l’eau courante de Saint-Pétersbourg. La maladie l’aurait emporté en quelques jours. Mais de nombreuses personnes étaient déjà persuadées, à l’époque, qu’il s’était suicidé. Une rumeur soufflait l’existence d’un mystérieux chantage.

L’absence de preuves mit fin aux racontars jusqu’en 1978 lorsque Alexandra Orlova qui avait travaillé au musée Tchaïkovski émigra à l’ouest avec un recueil des lettres du compositeur, édité en 1940 mais jamais diffusé. Cet ouvrage donna une nouvelle version des circonstances de sa mort.

Un membre de la noblesse se serait plaint au Tsar que le compositeur eût séduit son neveu. Une audience judiciaire informelle aurait été organisée en présence du compositeur et de plusieurs personnalités. Au terme de celle-ci, Tchaïkovski aurait accepté de se suicider afin d’éviter le scandale causé par la révélation de son homosexualité.

Quelque soit la vérité, il semble que l’impossibilité de vivre son homosexualité ainsi qu’une extrême sensibilité et une instabilité émotionnelle aient contribué à rendre sa vie difficile.

Le titre de sa dernière symphonie me paraît approprié au regard de ce qu’a pu être son existence, une quête du bonheur et de l’amour teintée de drame.

 

Cyrille Amiel

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Claude Fernandez 20/10/2016 21:06

Sur ce sujet, vous pouvez écouter ma vidéo de poésie épique: taper dans Youtube:
Tchaikovsky poème épique.

Cyrille Amiel 21/10/2016 04:44

Bonjour Claude, avec plaisir merci.