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blog de Cyrille Amiel

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Billets d'humeur, articles et chroniques consacrés à la littérature et à la musique

Les origines de : Halloween

Le saviez-vous ?

 

Cette rubrique est l’occasion d’explorer les mots mais aussi les expressions et les usages de notre quotidien afin d’en retrouver les origines sémantiques et/ou étymologiques.

Aujourd’hui, je vous propose de nous intéresser au mot : Halloween.

 

Comme chacun le sait, halloween est un terme anglais, contraction de « All Hallows-Even » ou « The Eve of all Saint’s day, c’est à dire la veillée de la Toussaint.

Cette célébration est d’origine celte et correspond à la fête de Samain ou Samhain. Elle se déroule le 31 octobre et marque la fin de l’année pour le calendrier celtique. En Gaule, on l’appelait Samonios, elle indiquait le début de l’automne.

En ce sens, cette fête célèbre un passage, un moment de transition entre une période solaire et une autre, plus sombre. Les celtes considéraient cette fête comme un espace hors du temps, un solstice.

 Solstice vient du latin « solstitium » qui veut dire « arrêt du soleil », « jour ou le soleil cesse son progrès vers le zénith ou son abaissement progressif vers l’horizon. (Trésors des racines latines, éditions Belin) »

L’astre apparaît là comme le métronome d’une vie en phase avec les saisons et la nature. Il définit le temps grâce à sa course dans le ciel, d’Est en Ouest,  de l’orient vers l’occident.

Orient en français vient du latin « oriri, ortus », se lever, s’élancer hors de. Il a donné « oriens, orientis », soleil levant.

Occident vient « d’occidere » se coucher, « occidens », point où se couche le soleil.

Les deux évènements sont riches en interprétation. Au-delà de l’évocation spatiale des points cardinaux, les termes pourraient nous inviter à considérer l’astre solaire comme le symbole de la connaissance.

Se tourner vers l’orient reviendrait à exprimer, non pas, une direction dans l’espace mais une posture plus intime, une sorte de conversion du regard vers les régions sombres de notre être, afin d’y trouver un indice, fut-il infime, de lumière.

Un endroit concerné par l’origine. Et cette proximité entre les racines de l’orient et celles de l’origine nous donnerait une idée de sens.

La fête d’Haloween, Samain, Samonios, apparaît donc comme un solstice, un espace hors du temps pendant lequel, d’une part, les tâches habituelles sont hors de propos et d’autre part, d’un point de vue symbolique, l’arrêt temporaire du déploiement d’un cycle de connaissance.  Ce paradoxe temporel semble nécessaire afin de permettre une rencontre.

La traduction de Samain est « réunion » exprimant, peut-être, la nécessité d’ouvrir les portes entre le monde des morts et des vivants afin d’activer ou réactiver les membres d’une communauté éparse.

Dans ce cas, Samonios ne pourrait-elle pas être, l’expression d’une recherche d’unité ?

L’ensemble de tous ces éléments révèle la célébration de Samonios, dans son rôle essentiel d’unification entre les membres d’une même communauté, grâce à l’invocation des liens transgénérationnels.

C’est aussi la nécessité d’une double temporalité, un temps profane et un autre où toutes les contingences matérielles sont sans objet.

 

Cyrille Amiel

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