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blog de Cyrille Amiel

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Billets d'humeur, articles et chroniques consacrés à la littérature et à la musique

Miles Davis, Ascenseur pour l’échafaud

Miles Davis, Ascenseur pour l’échafaud

Ascenseur pour l’échafaud, est à la fois un film, celui de Louis Malle et une musique, celle de Miles Davis. Un titre, deux œuvres dont Jean Louis Comolli écrivait dans Jazz-Magazine : « Sans la musique de Miles Davis, Ascenseur pour l’échafaud serait demeuré un film relativement mineur… » Il poursuivait en encensant Miles Davis, plaçant la bande originale au rang d’œuvre majeure.

Miles Davis était à Paris pour la troisième fois, afin d’assurer une série de concert à l’Olympia et un engagement au Club St Germain. Jean Paul Rappeneau, alors assistant de Louis Malle, conseilla à celui-ci de faire appel au trompettiste pour la musique de son film. Trois jours plus tard, Miles Davis et Louis Malle se rencontraient grâce à Marcel Romero qui connaissait bien le jazzman. Après avoir visionné quelques extraits du film et écouté le réalisateur, Miles accepta et, quinze jours plus tard, accompagné de ses musiciens Barney Wilen au sax ténor, René Urtreger au piano, Pierre Michelot à la basse et Kenny Clarke à la batterie, Miles entrait dans les studios du Poste Parisien. Dans la nuit du 4 au 5 décembre 1957, quatre heures d’improvisation cisèleront le film d’un blues mystérieux et envoutant.

Miles Davis, Ascenseur pour l’échafaud

Pour la petite histoire, on dit qu’un petit bout de peau des lèvres de Miles Davis se serait coincé dans l’embouchure de son instrument. Ce qui aurait donné ce son spécial lors de l’enregistrement.

Miles Davis, Ascenseur pour l’échafaud

Barney Wilen, franco américain, a vingt ans lorsqu’il entre avec Miles Davis dans ce studio. Il vient d’être Lauréat du prix Django Reinhardt de l’académie du jazz et représente ce qui se fait de mieux en France, en ce qui concerne le saxophone. À la suite de l’enregistrement, il accompagnera Miles lors d’une vaste tournée européenne.

Miles Davis, Ascenseur pour l’échafaud

René Urtreger est un pianiste français, il a vingt trois ans en 1957 et possède déjà une solide réputation de pianiste de jazz. En effet, le jeune homme présente un C.V impressionnant ayant joué au Blue note à l’âge de dix huit ans avec Don Byas et Buck Clayton puis il a enregistré avec Chet Baker, Lester Young, Lee Konitz et Dizzy Gillespie.

Miles Davis, Ascenseur pour l’échafaud

Pierre Michelot, à la contrebasse, est un autre jeune de vingt-neuf ans lorsqu’il enregistre Ascenseur pour l’échafaud ; il a lui aussi une carrière impressionnante ayant joué avec les plus grands musiciens français et américains de l’époque. Je n’ai pas eu le plaisir de le voir et l’entendre jouer avec le trio Play Bach et le pianiste Jacques Loussier. Lors d’un concert du trio à Orléans au Campo Santo aux alentours de 1995, il était talentueusement remplacé par Vincent Charbonnier. Atteint de la maladie d’Alzheimer, Pierre Michelot nous a quittés en 2005.

Kenny Clarke est un américain expatrié à Paris depuis 1956, il habite donc la capitale depuis un an environ lorsqu’il enregistre avec Miles Davis. Il connaît déjà très bien le milieu Parisien du Jazz et restera en France jusqu’à sa mort en 1985 (Paris).

Voilà, le décor est planté, les acteurs sont présents.

Silence !

On joue…

Cyrille Amiel

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VERDIN SYLVIE 16/09/2016 15:29

Toujours aussi agréable à écouter. Une musique qui ne vieillit pas...