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blog de Cyrille Amiel

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Billets d'humeur, articles et chroniques consacrés à la littérature et à la musique

Les principaux freins au développement du livre numérique en France

Les principaux freins au développement du livre numérique en France

Lors des assises du livre numérique, s’agissant de la question des freins au développement du livre numérique dans la zone francophone, cinq raisons principales ont été mises en lumière (Sondage SNE/Bief).

Rappelons d’abord que la francophonie regroupe 274 millions de locuteurs du français : 82 millions de personnes ayant le français comme langue maternelle (France, Belgique, Suisse, Canada francophone) et 192 millions utilisant le français comme langue étrangère (Afrique, Asie, Océanie, Amérique).

Un marché en développement mais avec une couverture géographique inégale.

Si les grands revendeurs sont présents dans une soixantaine de pays, l’Afrique et certaines régions ultramarines sont laissées pour compte. Si l’accès au livre numérique est libre en Europe, ce n’est pas encore le cas en Afrique faute de revendeur. Et en l’absence de revendeur, on ne peut développer de marché.

Les principaux freins au développement du livre numérique en France

La disparité des taux de tva en vigueur sur l’ensemble de la francophonie.

Comme il revient au revendeur en Europe de collecter l’impôt, on imagine aisément la difficulté des chefs d’entreprise de collecter une tva qui varie en fonction de la nationalité de l’acheteur ou de son lieu d’habitation pour les Départements d'Outre Mer.

De plus, comment le revendeur peut-il se projeter en terme de marge s’il est incapable de définir le prix de vente de son produit ?

L’identification de l’acheteur.

La collecte de l’impôt étant une obligation du vendeur et/ou du revendeur cela implique de pouvoir identifier la nationalité de l’acheteur afin d’appliquer les taux de tva en vigueur dans les pays concernés. Jusqu’à présent le revendeur utilisait deux des trois informations collectées, c’est à dire : l’adresse IP, les coordonnées bancaires et l’adresse physique. Il fallait donc qu’au moins deux adresses soient en conformité l’une par rapport à l’autre pour définir la nationalité ou en tout cas un taux de tva applicable.

Les principaux freins au développement du livre numérique en France

La maîtrise du prix.

Elle dépend de plusieurs facteurs, mais certains sont plus difficilement maîtrisables notamment le taux de change, puisque dans le cas du marché du livre numérique nous évoluons dans un univers multidevises. De ce fait, on peut imaginer deux cas de figure. Soit le prix du livre est fixe, alors la variation du coût de change sera absorbée par le vendeur et la conséquence sera la réduction de sa marge. Soit le prix du livre est variable et c’est l’acheteur qui paiera plus cher son ouvrage lorsque le taux de change sera en sa défaveur.

La qualité des métadonnées.

Marqueurs introduits dans les fichiers ou dans les langages de programmation appropriés, elles sont utilisées pour nommer, décrire, cataloguer et indiquer la propriété ou le droit d’auteur pour un fichier numérique. Or, il semblerait que la qualité de ces métadonnées ne soit pas optimale soit par une mauvaise utilisation d’Onyx, soit par un manque d’exhaustivité générant de la confusion.

Cette étude a été réalisée en 2015 et à l’époque plusieurs solutions ont été proposées principalement afin de renforcer le développement des marchés.

L’idée d’un marché numérique global devient une nécessité, avec une harmonisation de la fiscalité, une standardisation des catalogues et des prix.

Pour soutenir les marchés numériques émergents il faudrait déjà proposer un outil d’évaluation de ces marchés mais aussi un accompagnement en garantie de paiement sur les pays à risque.

Et qu’en est-il des Outre-Mer ? Pourquoi ne pas définir un traitement standardisé pour l’ensemble des départements ? Investir dans la technologie, disposer d’un outil de suivi de la fiscalité et repenser l’usager numérique.

Les principaux freins au développement du livre numérique en France

Il me semble que d’autres freins sont encore à identifier comme, par exemple :

le manque de fiabilité de certaines liseuses.

Il semblerait qu'elles ne présentent pas une durée de vie suffisante. Combien d’utilisateurs ont vu leur liseuse tomber en panne au bout de six mois voire un an d’utilisation ?

Le manque de diversité en terme de revendeurs.

Le marché est émergeant et déjà certaines grandes enseignes ont la main mise sur le secteur, imposant leur format mais aussi un mode de fonctionnement contraignant. Je fais allusion aux DRM, par exemple, mais aussi à une politique commerciale qui a peut-être trop tendance à confondre fidélisation et captivité !

Le prix des livres numériques.

Il est, en général, beaucoup trop élevé. Outre les difficultés abordées plus haut, il est probable que ce prix soit le fait d’une spéculation de la part de certains acteurs du marché, puisque le faible coût de revient lié à la fabrication du livre numérique n’est pas répercuté sur le prix de vente. De fait, les titres les plus vendus sont présentés au même prix que la version papier. On imagine aisément, les marges substantielles dégagées par les éditeurs.

Si l'on veut réellement que le marché du livre numérique se développe, il faudrait commencer par s'interroger sur ces pratiques qui s'apparentent à du protectionnisme.

Qu’en pensez-vous ? Identifiez-vous d’autres freins ou voyez-vous d’autres solutions afin de favoriser le développement du livre numérique ?

Cyrille Amiel

Remerciement au SNE : J’ai recueilli les informations sur le site du syndicat national de l’édition, grâce au travail de Mme Virginie ROUXEL. Si vous souhaitez des informations complémentaires, je vous invite à consulter le site du SNE.

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Pannetier-Alabert Michelle 06/10/2016 17:43

Il me semble que les éditeurs traditionnels et les journalistes compliquent le problème. Avec la mondialisation et le chargement du livre numérique c’est le pays du site sur lequel vous achetez votre livre qui applique le taux de TVA. Lorsque vous fixez un prix ce dernier est considéré TVA incluse. Sur Amazon (vous pouvez acheter sur n’importe quel site d’Amazon) si vous choisissez le taux de rémunération de 35 % du prix du livre, il sera téléchargeable dans n’importe quel territoire. Si vous choisissez un taux de 70 % seuls les territoires suivants pourront y avoir accès : Andorra
Australia, Austria, Belgium, Brazil*, Canada, France, Germany, Gibraltar, Guernsey, India*, Ireland, Isle of Man, Italy, Japan*, Jersey, Liechtenstein, Luxembourg, Mexico, Monaco, The Netherlands, New Zealand, San Marino, Switzerland, Spain, United Kingdom, United States, Vatican City.
Il est certain qu’un format unique lisible sur tous les supports serait souhaitable. Il faut néanmoins préciser qu’Amazon permet de télécharger gratuitement sur un ordinateur ou sur une tablette (androïde et Mac) l'application de lecture ce qui permet d’éviter d’acheter la liseuse.

Cyrille Amiel 07/10/2016 10:22

Bonjour et merci Michelle pour ces précisions.

Claude Fernandez 15/09/2016 17:03

J'ai expliqué en partie cela dans un article. Sur le plan technique, le livre électronique s'est enferré dans des solutions compliquées héritées de l'ancien format papier (.doc, pdf, epub...) sans parler des formats propriétaires verrouillés. Ceci alors qu'il existe un langage universel dédié à internet: le html tout simplement. Voir mon article:

http://www.auteurs-auvergne-bourbonnais.fr/publication_drive.htm.

Couturier 15/09/2016 16:45

Votre article est très intéressant sur les freins à l'utilisation des livres numériques, permettez-moi d'en rajouter un:
Le livre numérique est encore considéré, comme un moyen supplémentaire de diffuser un livre papier (sur une liseuse)! D'une part le coût comparé à une édition "normale" est souvent démesuré par rapport à son coût de fabrication et de diffusion. Mais surtout, il n'offre pas vraiment toutes les possibilités d'une version "augmentée" par les moyens numériques (ajout de vidéos, d'illustrations couleurs, de notes de lecture, de liens hypertextes ou sur d'autres ouvrages portant sur le même sujet). Ni même de mises à jour régulières en particuliers sur des ouvrages techniques. On dirait que les éditeurs ne savent pas ce que peut être un livre numérique, ou qu'ils cherchent simplement à diversifier leurs sources de revenus.

Cyrille Amiel 15/09/2016 16:58

Merci pour votre retour très pertinent.