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blog de Cyrille Amiel

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Billets d'humeur, articles et chroniques consacrés à la littérature et à la musique

Mingus, Cuernavaca d'Enzo Cormann

Mingus, Cuernavaca d'Enzo Cormann

J'irai au long des jours...

Ce tombeau de Charles Mingus est l'occasion, rêvée, inventée, si vraie, d'une longue profération rageuse et désirante de la part du contrebassiste et compositeur dans ses derniers instants, au coeur de ce Mexique qui lui fut si cher et où, frappé par la maladie de Lou Gehrig (dégénérescence musculaire), il mourut le 5 janvier 1979 à l'âge de cinquante-six ans.

Enzo Cormann rend, au musicien, un hommage emporté, aigu, amoureux à sa furia créatrice. A son sens politique, sa générosité.

"J'irai au long des jours, baignant jusqu'à plus soif dans le même fleuve, défiant le temps que j'ai ma vie durant tronçonné en mesures, charcuté, bégayé, note après note, que mes doigts pressaient, frappaient, pinçaient, frottaient, inventaient, l'une après l'autre, dans le ralenti mental et l'accélération digitale, entre l'innocence et la technique, comme il arrive qu'on baise, trop rarement sans doute, en cochon virginal, tout à la fois ange et tringleur, pur esprit et pur gland..."

Toutes ces notes, toutes ces femmes...

"Toutes ces notes, toutes ces femmes, ces scènes, ces lits, ces mélodies jamais composées, toutes ces parties de cul inventées, en vérité j'aime par-dessus tout la musique du mensonge, sa vitesse, pied-de-nez au temps, j'emmerde l'impossible, l'imparfait, l'invraisemblable, l'injouable, j'emmerde l'instrument, ma basse est un orchestre, ma queue est une baguette magique, "vanité des vanités"!, tout cela fut pourtant, ETAIT!"

Mingus, Cuernavaca

Enzo Corman

Editions rouge profond

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