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blog de Cyrille Amiel

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Billets d'humeur, articles et chroniques consacrés à la littérature et à la musique

Carton rouge pour le Brésil !

Carton rouge pour le Brésil !

En 2012 le Brésil lançait un programme de réinsertion des détenus qui consistait à proposer aux prisonniers de rédiger des fiches de lecture contre une remise de peine. Les personnes incarcérées ont quatre semaines pour lire un livre et rédiger une dissertation sur le sujet. Un panel de lecteurs juge la qualité de l’essai sur des critères grammaticaux et de style. Les prisonniers peuvent ainsi bénéficier jusqu’à 48 jours de remise de peine. Le Brésil pensait pouvoir, d’une part, améliorer la capacité de réinsertion des prisonniers et d’autre part, désengorger les prisons du pays.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Les dernières données publiées par le Depen (Le Département pénitentiaire national) font part d’une évolution inquiétante du nombre de prison dans le pays alors que dans le même temps, on observe une diminution du nombre des écoles. Echo paradoxal à Victor Hugo : « Quand on ouvre une école on ferme une prison ».

L’objectif initial du gouvernement Brésilien ne semble pas atteint. Bien au contraire la situation paraît avoir empiré. Lire un livre contre une remise de peine apparaît comme une mesure dérisoire face à l’ampleur de la catastrophe sociale qui constitue le quotidien des Brésiliens.

Toutefois, au delà des statistiques, il convient je crois, de considérer le livre et la lecture sur un plan plus large.

Le livre, en tant que vecteur de communication est un moyen d’expression et de transmission. L’écriture n’est pas un acte anodin. Coucher ses pensées sur le papier, revient à exposer tout l’éventail de son univers émotionnel. Le lecteur en se saisissant de l’objet/livre, part à la rencontre de cet univers. Le livre apparaît ici, comme un point de connexion entre les Hommes.

Cet espace de rencontre privilégié créé par cette double synergie fait émerger l’aspect symbolique de la littérature, s’exprimer une volonté d’aller à la rencontre de l’autre. C’est ainsi que la littérature, dans son acception la plus large, concourt à créer du lien social. Il me semble primordial de recréer ce lien avec ceux qui sont en rupture avec la société. Le livre m’apparaît être l’outil idéal afin de nourrir et valoriser les liens qui nous unissent.

Et si la mesure développée par le Brésil à défaut d’être une démarche de réinsertion pertinente représentait un geste symbolique primordial ? Pourquoi ne pas la décliner sous d’autres formes afin de la proposer à l’ensemble de la société ?

Cyrille Amiel

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LB 30/08/2016 20:44

Voilà une mesure bien élitiste... Si introduire le livre en prison, avec une incitation qui ne peut que parler à un détenu, me semble une très bonne idée, l'exercice proposé n'est pas donné à tous, surtout dans les temps donnés et avec un jugement sur le travail. De quoi relâcher les plus éduqués.

Cyrille Amiel 31/08/2016 06:44

Bonjour LB, effectivement, c'est une mesure qui ne s'adresse pas à tous le monde. D'ailleurs, l'article date de 2014 et je ne sais pas si l'état Brésilien a persévéré dans cette voie. Cordialement.